Le parkrun, ou l'art de courir 5 km ensemble, gratuitement, chaque samedi matin
Il est 9 heures du matin. Dans un parc, une trentaine de personnes se retrouvent sans inscription préalable, sans dossard, sans quota de participation. Le signal est donné. Cinq kilomètres plus tard, tout le monde se retrouve autour d'un café. Voilà le parkrun.
Un rendez-vous mondial né d'une idée simple
C'est en 2004, dans le parc de Bushy Park à Londres, qu'un coureur amateur du nom de Paul Sinton-Hewitt organise pour la première fois une sortie hebdomadaire gratuite en plein air. Treize participants répondent à l'invitation. Vingt ans plus tard, le parkrun est devenu un phénomène mondial : chaque samedi matin à 9 heures, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent dans des parcs de plus de vingt pays pour courir ensemble cinq kilomètres. Gratuitement.
La mécanique est simple. On s'inscrit une fois en ligne, on reçoit un code-barres personnel, et c'est terminé. Ce code-barres, on l'imprime ou on le télécharge sur son téléphone. Il suffira de le présenter à chaque course pour obtenir son temps. Pas d'abonnement, pas de réinscription, pas de frais.
Chronométré, mais pas compétitif
Le parkrun est l'une des rares pratiques à réussir ce paradoxe : être mesuré sans être compétitif. On reçoit son temps par email quelques heures après la course. Mais personne ne vous le réclame, personne ne vous félicite d'avoir battu le voisin. Le chrono est là pour les curieux, pour ceux qui aiment voir leurs progrès semaine après semaine. Pour les autres, il passe inaperçu.
Ce qui compte, c'est le trajet. Les participants marchent, trottinent, courent - souvent les trois, selon les semaines. L'allure n'a pas d'importance. Des marcheurs arrivent bons derniers longtemps après les premiers ; personne ne dérange, personne ne juge. Les derniers finissants sont souvent applaudis plus longtemps que les premiers.
Un modèle entièrement bénévole
Ce qui rend le parkrun remarquable, c'est son organisation. L'événement tourne entièrement grâce à des bénévoles locaux - souvent d'anciens participants qui ont voulu donner à leur tour. Chaque samedi, ils chronomètrent, placent les balises, récupèrent les codes de finissant, scannent les codes-barres. Aucun d'entre eux n'est rémunéré.
C'est ce bénévolat permanent qui rend l'événement gratuit. Et qui lui donne cet esprit communautaire qu'on ne trouve pas souvent dans le monde du running organisé.
Le parkrun arrive en France
La France a mis du temps à adopter le mouvement. Pendant longtemps, le pays restait en marge d'un phénomène qui avait déjà conquis le Royaume-Uni, l'Irlande, l'Australie ou la Pologne. Les premières éditions françaises ont commencé à émerger progressivement, dans des parcs urbains, portées par des passionnés qui voulaient importer ce modèle sur leur territoire.
Le résultat est fidèle à l'original : le rendez-vous du samedi matin, ouvert à tous, sans condition de niveau, sans frais. Une façon de commencer le week-end autrement - en mouvement, dehors, avec des gens que l'on ne connaissait pas encore la semaine d'avant.
Courir dehors, ensemble, sans autre raison que celle d'être là
Le parkrun incarne quelque chose que la course organisée a parfois perdu de vue : l'idée que courir peut être un acte simple, accessible, gratuit. Pas un investissement. Pas un projet de performance. Juste un samedi matin dans un parc, à faire quelque chose de bon pour soi et pour les autres en même temps.
C'est exactement l'esprit que Spiridon a toujours défendu : que la course appartient à tout le monde, qu'elle n'a pas besoin de passer par des inscriptions compliquées, des frais d'entrée ou des classements pour avoir du sens. Le parkrun le prouve, semaine après semaine, dans des centaines de villes dans le monde.