Marvejols-Mende, retour sur une course de légende
Marvejols-Mende, c’est 22,4 km, 700 m de dénivelé, deux cols, dont le fameux Goudard à 1 100 mètres, des montées qui piquent, deux belles descentes et un décor naturel grandiose. Une vraie épreuve physique et sportive. Mais Marvejols-Mende, ce n’est pas seulement une course.
C’est une histoire.
Lorsqu’elle fut créée par Jean-Claude Moulin, le 22 juillet 1973, avec le soutien amical de Spiridon, Marvejols-Mende faisait partie des premières courses libres en France. À une époque où la course à pied restait encore très encadrée, elle ouvrait la route à celles et ceux que l’on ne voyait pas toujours sur les lignes de départ : les non-licenciés, les féminines, les jeunes, les anciens, les champions, les néophytes.
Le même idéal animait alors les pionniers de Spiridon : courir tous ensemble.
À cette date, les femmes n’avaient pas le droit de courir plus de 5 km en cross-country. La Fédération française d’athlétisme essaya même de faire interdire l’épreuve. Marvejols-Mende portait donc déjà quelque chose de plus grand qu’un simple défi sportif : une idée de liberté, d’ouverture, de fraternité.
C’est là, dans les années 1970, que s’est affirmé l’esprit Spiridon et son slogan devenu doctrine : « La perf d’accord, la fête d’abord. »
Cette phrase disait tout. Réussir un chrono n’était plus une fin en soi. L’important était l’expérience partagée, le bonheur de courir ensemble, l’ambiance, les rencontres, la fête après l’effort.
Marvejols-Mende, c’est aussi cela : une course où l’on se retrouve après l’épreuve, toutes générations confondues, pour dîner, échanger, rire, danser, sans chichis. Une course où le budget passe davantage dans la production de l’événement que dans la communication. Des centaines de bénévoles, des coureurs venus pour l’effort autant que pour l’esprit, une remise des prix dans un théâtre bondé, un apéro avec orchestre, puis la soirée.
Dans un monde où les courses deviennent parfois de plus en plus identiques, XXL et impersonnelles, Marvejols-Mende reste un bol d’oxygène. Ici, on se parle, on s’encourage, on s’amuse. On court, mais on ne court jamais vraiment seul.
Le signe de ralliement de cette époque fut longtemps le t-shirt Spiridon, porté par des milliers de coureurs, à Marvejols-Mende, dans toute l’Europe et même jusqu’aux États-Unis. Il symbolisait une autre façon de vivre la course à pied : plus libre, plus populaire, plus joyeuse.
Courez tous avec nous !
Spiridon continue aujourd’hui de porter, à travers ses collections Archive et Anthology, les valeurs de ces pionniers de la course libre. Aux engagements humanistes des spiridoniens des années 1970, nous avons ajouté une attention forte à l’environnement, une préoccupation déjà présente dans l’esprit Spiridon, qui voyait la course comme un moyen de se reconnecter à la nature.
Tous nos vêtements sont produits en Europe - en France, en Italie, au Portugal et en Pologne - en petites séries, pour lutter contre le gaspillage, et dans des matières recyclées ou naturelles.
Cinquante ans après, continuons de courir tous ensemble, de célébrer Marvejols-Mende, Spiridon, et cette révolution sportive et culturelle qui a ouvert la course à pied à toutes et à tous.
Photo : Jean-Claude Moulin et Jean-Claude Reffray — Marvejols-Mende