«Spiridon», l'autre maillot orange - LE TEMPS - Un article signé L-FE
Le film de Pierre Morath rappelle l’influence d’une petite revue romande qui, de 1972 à 1989, a fait souffler un vent de liberté sur la course à pied.
Spiridon, «revue internationale de course à pied», n’a sorti que 111 numéros entre février 1972 et juin 1989 et n’a jamais franchi le seuil des 10 000 abonnés. On peut reprendre pourtant pour ce magazine aujourd’hui oublié la célèbre formule de Brian Eno à propos de l’album The Velvet Underground and Nico (1966): «Ce disque n’a été vendu qu’à 1000 exemplaires mais tous ceux qui l’ont acheté ont créé un groupe.» Tous ceux, en Suisse, en France, en Belgique, au Québec et même aux Etats-Unis, qui ont lu Spiridon ont créé une course, un club ou simplement un élan de sympathie autour de la course à pied. Souvent, ils étaient reconnaissables dans les pelotons à leur maillot orange qui, comme celui des Pays-Bas de Cruyff à la même époque, symbolisait la liberté, la non-soumission aux règles et à ces officiels qui corsetaient alors le sport dans une vision rigoriste et dépassée. L.FE